Paco délicieux

Soirée magique hier à Samois sur Seine au Festival Django Reinhardt.

Il y a quelques temps, Al. m’avait demandé de retenir ma soirée du 23 juin, à partir de 18h. Intriguée par l’horaire, je l’avais interrogé et il m’avait simplement répondu : “Je préfère ne pas t’en dire plus mais sache que celui que l’on va voir est une référence mondiale, c’est une pointure et on ne sera pas seul ce soir-là à l’endroit donné !” Une heure de recherches internetesques et déductions herculepoirotesques plus tard, j’avais fini par trouver. Adieu, donc, effet de surprise. Mais pas grave : l’enchantement, lui, était bien au rendez-vous.

À une heure de route de Paris, Al., Saf’, l’un de ses amis, et moi nous sommes donc retrouvés sur une petite île charmante parmi quelques milliers d’amoureux de guitare et de jazz.

La nuit tombait doucement, l’air était enfin doux après tous ces tristes jours de froide grisaille, et vibrait de musiques diverses et variées, chaleureuses et colorées : celle de la grande scène mais aussi celles des bœufs improvisés entre musiciens passionnés. Un monde fou prenait le temps de passer du bon temps : les gens, de tous âges, de tous styles, étaient attablés ou assis dans l’herbe, dans des effluves grésillants de saucisse, frites, bière et curry. L’ambiance était à la fête, à la convivialité. Je me serais crue dans un tableau de Renoir, entre le Déjeuner des canotiers et le Bal du moulin de la Galette. Tout respirait la joie de vivre. C’était les vacances avant les vacances.

Nous nous sommes tranquillement installés au milieu de ce joyeux brouhaha ambiant, au bord de l’eau, et avons grignoté notre merguez-frites avec du vin apporté par Al. Un moment calme et délicieux, simple et serein. Je n’avais même pas spécialement envie de parler, juste de profiter de l’instant.

Peu à peu, une obscurité humide nous a enveloppés et l’arrivée de Paco de Lucía s’est faite imminente. Suivant la foule, compacte et motivée, venue en masse pour applaudir l’un des plus grands guitaristes au monde, nous nous sommes dirigés vers la scène et avons trouvé un espace parfait, quoiqu’éloigné, avec une vue dégagée permettant d’apercevoir Paco et son septet. Nous avons été un peu serrés, un peu bousculés, nous avons subi les râleurs et craint les soûlauds, nous avons eu bien mal aux jambes à tenir deux heures debout sur un terrain souvent irrégulier… mais quelle atmosphère !

Écouter le son de cette guitare emplie d’émotion et d’énergie s’élever dans la nuit estivale… Le bonheur, c’est quand on a l’impression qu’on ne peut plus rien ajouter à ce que l’on vit pour se sentir bien ; et c’est ce qui m’est arrivé hier.

Cette sensation d’harmonie complète avec l’instant vécu, avec tout ce qui entoure, est incroyablement forte et presque vertigineuse. Quelque chose se suspend, dans le temps, dans le cœur. Il n’y a alors rien à dire, rien à faire – que serrer la main de l’autre en silence pour lui signifier à quel point on est heureux qu’il existe dans ce monde et dans cette vie.

Paco flou

Bon, avec tout ça, je n’ai pas travaillé une seconde les trois exercices à faire pour le cours de guitare de demain (mes voisins vont m’adorer ce soir et cette nuit). Moi qui comptais monter sur scène avec Paco l’année prochaine, tsss… 🙂

Edit : tiens, d’ailleurs, si ça, ça ne vous file pas des petits frissons partout, bah vraiment, je vous demande ce qu’il vous faut ^^


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Commentaires

One response to “Paco délicieux”

  1. Baz Avatar
    Baz

    Pacoooooooooo ! Trop bon le son, il assure grave, Maestro…

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