Je crois qu’en fait, je me désintéresse un peu (beaucoup) de ce blob. Ou disons que je n’ai plus beaucoup de temps à y consacrer. La (vraie) vie m’a rattrapée, je vieillis peut-être, ou j’aspire à d’autres choses, j’en sais rien, de toute façon, les deux sont sûrement liés.
Il me semble avoir beaucoup et brusquement changé en quelques mois, subi des métamorphoses intimes et viscérales qui font que je me sens, aujourd’hui, très éloignée de ce que j’étais en octobre dernier encore. J’ajouterais que ce n’est pas l’Amour qui m’a transformée, mais que c’est cette transformation qui m’a permis de rencontrer l’Amour. Bien sûr, tout cela aujourd’hui s’auto-alimente. Mais peu importe.
Le fait est que, depuis peu, je suis heureuse. Pas juste contente, non. Heureuse. C’est un sentiment que je n’avais jamais éprouvé jusqu’alors, quelque chose d’énorme, qui me dépasse un peu. Quelque chose de difficilement exprimable sans passer pour une espèce d’illuminée benête prônant une philosophie tarte à la crème fondée sur la notion d’Amour.
Pour résumer et simplifier, j’essaie de me débarrasser peu à peu de tous les traits de caractère qui, chez moi, me déçoivent ou me font honte, pour approcher d’une certaine “sagesse” et tendre le plus possible vers l’image idéale que je me fais d’une “personne bien”. Je ne prétends pas y arriver. Mais y travailler m’a permis de corriger dans une certaine mesure quelques défauts dont je n’étais pas fière et surtout, d’atteindre une espèce de détachement serein par rapport aux gens, aux choses, à la vie en général. J’essaie d’ôter de moi toute once, même infime, de mesquinerie, jalousie, rancune ou encore amertume, pour laisser place à plus de bienveillance, tolérance, générosité et humilité… d’amour et de compréhension, tout simplement.
Depuis que je réfléchis à tout cela, je me sens d’une confiance beaucoup plus grande. Il reste des progrès à faire, bien évidemment, mais enfin, c’est certain, j’ai compris comment aimer mieux. Les autres. Et moi-même. Et la vie.
Par nature et par nécessité, je n’ai jamais été attachée au passé. Je n’ai aucune nostalgie de l’enfance, de mes vingts premières années, bien qu’elles aient été par chance baignées d’amour parental. Le passé nous façonne sans aucun doute mais ne nous détermine pas fatalement. Il faut savoir oublier ou mieux, pardonner, et tourner les pages pour avancer. Quant au futur, il ne m’angoisse plus. Rien n’est encore joué définitivement : pourquoi craindre quelque chose que je construis aujourd’hui ? Mon avenir sera en grande partie le résultat de ce que j’aurai fait maintenant.
C’est donc ici que tout commence. Je découvre, émerveillée et sans crainte, le champ des possibles qui s’étend devant moi et je réalise à quel point nous devons être acteurs de notre vie… et non pas seulement spectateurs, pour la raconter sur un blog.
C’est un peu ridicule d’arriver à cette conclusion évidente à 31 ans, ouais. Mais il n’y a pas d’âge pour vouloir changer et faire différemment.
Voilà l’histoire de mon petit parcours personnel de ces derniers mois. J’ai envie de vieillir à l’inverse de ceux qui se raidissent dans leurs certitudes, se ratatinent dans leur aigreur, se fripent dans leur cynisme… J’ai envie de profiter de la vie. J’ai envie d’être heureuse et de rendre heureux.
Tout ce petit pâté indigeste de bons sentiments ne m’a pas empêchée de sortir, aller au cinéma, au théâtre, voir des amis…
J’aurais aimé vous dire à quel point ça m’a fait “kiffer” (ouaiiiis !) d’organiser enfin la soirée que je n’osais jamais faire, en mars dernier, mais cela me semble déjà bien lointain. Je songe désormais à la prochaine.
J’aurais aimé vous parler de Siddharta de Preljocaj à Bastille, qu’Al. et moi avons vu vendredi, mais devant lequel j’ai dormi devant durant plus d’une heure, crevée que j’étais.
J’aurais aimé vous annoncer officiellement que Serge Lutens, l’icône de mes vingt ans, allait passer dans des Mots de Minuit, l’émission dont mon collaborateur / “ami” Merry est rédac’ chef. SL avait été invité (sur ma suggestion), il avait accepté (à ma stupéfaction). Il a annulé une première fois. Deux heures avant l’enregistrement. Il vient d’annuler la deuxième date. Certes un peu plus tôt, mais à peine. Merry m’a envoyé un sms dépité. Je suis déçue aussi, mais moins que ce que j’aurais cru. Plus déçue pour Merry que par SL. Entre l’idole et l’ami, je préfère l’ami (ça n’a pas toujours été le cas). Entre le rêve et la vraie vie, la vraie vie (bis repetita).
Oui, comme Zazie, j’ai vieilli.
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