À celles et ceux qui idôlatrent Racine,
Corneille, Hugo, Rostand et tant d’autres auteurs
Qui de l’alexandrin exhalent les saveurs,
Rejoignez le combat vertueux de Claudine !
Camarades, voyez, c’est eux qu’on assassine
Quand on ose applaudir des versificateurs
Qui ne respectent pas les attraits supérieurs
De cet alexandrin dont la beauté fascine.
Nous ne réclamons pas la rigueur absolue,
Mais enfin douze pieds, c’est facile à compter :
C’est là l’unique règle à devoir respecter !
Alors si comme nous, vous le trouvez très beau,
Venez battre le vers tant qu’il est encore chaud,
Et osez dévoiler votre âme farfelue !
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Comme je le disais rapidement dans mon dernier post, Cuauhtli a créé sur Facebook un groupe de discussion pour défendre l’alexandrin, ce vers de douze pieds dont nous sommes toutes deux grandes “amadmiratrices” :
PREMIER SONNET (Cuau)
On peut rimer de tout, mais en sachant le faire,
Car il ne suffit pas des deux terminaisons :
Ce qui à la rigueur convient pour les chansons
N’a rien à voir avec la règle centenaire ;
Il faut aussi compter les pieds d’un doigt sévère,
Traquer les e muets tapis dans les tréfonds
Des phrases convenues qu’on dit sans liaisons :
On ne verra jamais ce défaut chez Molière !
Alterner rime masculine et féminine,
Diktat que TOUS nos grands auteurs ont respecté ;
Ne pas faire rimer pluriel et singulier.
Et puis, laisser filer, scander ses vers en soi,
Vibrer sous leur tempo qui nait et qui s’accroît
Comme sur une interne et douce mandoline…
DEUXIÈME SONNET (moi)
Bravo ma chère amie pour ce fabuleux groupe
Qui rend un juste hommage – osé-je dire “enfin” ?
Au plus noble des vers, au plus beau, au plus fin,
Qui n’a plus de nos jours, hélas, le vent en poupe.
Tout comme vous je hais cette insipide soupe
Que les faux amateurs prennent pour un bon vin ;
Je leur cède avec joie le bien piteux chemin
Séparant leur palais de cette triste coupe !
Et je me joins à vous, toute pleine d’entrain
Pour célébrer les pieds simples et de bon goût
Ceux qui trainent en bande, à douze, c’est certain,
Ceux qui, bien agencés et la main dans la main,
Quand on les dit tout haut, tiennent tout seuls debout !
Chantons Alexandrie, chantons l’Alexandrin !
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Nous avons commencé un cadavre exquis en vers mais comme ce n’est pas évident à suivre sur FaceBook, je le copierai au fur et à mesure sur la page “Cadavre Exquis” (dans le menu du haut). Voilà, le feuilleton poétique de l’été est lancé, on ne sait pas trop jusqu’où on ira et tiendra, mais enfin, le défi est drôle et stimulant.
Et si certains d’entre vous aiment faire des vers (des alexandrins, faut-il le préciser), qu’ils n’hésitent pas à entrer dans le jeu, ici ou sur FaceBook. La règle est simple :
- Uniquement des alexandrins (12 pieds stricts – attention aux “e” muets)
- Des rimes plates (AA, BB, CC, DD…)
- Une alternance de paires de rimes féminines et masculines
- Après, les (“faux”) pluriels, on fermera les yeux dessus (enfin, Cuau, je ne sais pas !)
- Et toute folie syntaxique est bienvenue (enjambements acrobatiques, assonnances étonnantes, etc.)
À bientôt !!!!
NB : pour avoir lu un chouette poème de Micky sur son blog, malgré quelques erreurs de pieds, je pense qu’il y a un vrai “quelque chose” ! (Dis, tu viens ?…)
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