Retour de Lyon après deux jours magnifiques ensoleillés, en compagnie de mon vieux Nico, entre Joan Baez et Mag.
Revenons rapidement à la raison principale de ma venue qui était, non pas Nico (je suis ingrate, je sais, HuHu), ni Mag (HoHo), mais bien le concert de JOAN BAEZ. Chanteuse ô combien aimée par mes petites oreilles, que j’ai fait découvrir, notamment, à l’ami Nico, qui considère désormais “Diamonds and rust” comme l’une des plus belles chansons du monde – ce en quoi il n’a pas tort.
Je ne sais pas si c’est moi, mais en ce moment, j’ai tendance à être un peu déçue par tout ce que je vois, lis ou entends. Rien ne m’enthousiasme vraiment, j’ai l’impression désagréable de rester la plupart du temps sur ma faim… “Peut mieux faire”, me dis-je toujours. Peut-être est-ce à moi-même que j’essaie de délivrer ce message ? Toujours est-il que je vois toujours matière à critiquer négativement actuellement.
Hier soir, pour le concert de Joan Baez, rebelote : un an après l’émerveillement du concert de Paris, la déception.
Pourtant, sa voix est toujours sublime et tout avait bien commencé, en dépit d’une première partie un peu chiante. Jose Gonzales, je suis pas du tout fan, même si sa reprise de “Teardrops” m’a, sur la fin, sortie de ma profonde léthargie (à ma décharge, je n’avais dormi qu’une heure la nuit précédente). Première partie que je pensais, dans mon esprit tordu, être la tête d’affiche de la soirée… genre Joan Baez, la vieille sortie de derrière les fagots, en première partie de la jeune révélation branchée ! Nico a tenté de me rassurer toute la journée en me disant que c’était tout bonnement impossible, mais jusqu’au concert, j’ai bien cru que c’était Gonzales la star de la soirée !!!
Premier choc, en arrivant à l’Amphithéâtre Romain de Fourvière : moi qui voulais absolument me placer en fosse, devant la scène, j’avais oublié que le public de Joan Baez n’était pas celui de Marilyn Manson et que la moyenne d’âge des spectateurs frôlait les soixante ans !! De fait, la fosse était remplie de sièges réservés et le reste du public était assis sur les gradins de pierre durs et froids. Nico et moi avons donc dû nous asseoir entre des personnes du sixième âge, sages comme des images, et des paralytiques tout statiques. Ambiance.
Après une petite heure de Jose Gonzales, à la nuit enfin tombée, place à la Madonne des Pauvres, très classe et élégante, comme à son habitude. Première chanson, premier tube, à mon grand enchantement : “Farewell Angelina”. Ce devait être à peu près le seul grand moment de ce concert lénifiant. La déception a été d’autant plus grande que j’en attendais beaucoup. En un an, j’avais eu le temps de parfaire ma connaissance du répertoire baezien et d’en chanter les louanges à Nico, encore novice en folk.
Ce soir-là, à mon grand regret, Joan a préféré interpréter des chansons récentes un peu nunuches (“Christmas in Washington”, “The day after tomorrow”) ou des horreurs françaises (“Manhattan Kaboul”, la pire chanson de Renaud et une autre de lui sur Ingrid Betancourt, pathétiquement politiquement correcte) plutôt que des tubes pourtant légitimement attendus, tels “Joe Hill” ou “Lilly of the West” pour n’en citer que deux. Certes, c’est son droit. Son répertoire est suffisamment riche et étendu pour qu’elle ne se contente pas de dérouler inlassablement les mêmes titres. Mais tout de même, lorsqu’on donne un concert en qualité de “légende”, la moindre des politesses et de chanter en majorité des hits incontournables. Non ?
Quelques titres plus fameux ont fait leur apparition, sur le tard, mais pas assez à mon goût.
Deuxième déception, beaucoup plus embêtante : plusieurs fois, Joan a semblé hésiter sur la mélodie ou les textes de ses chansons. Les erreurs étaient particulièrement flagrantes lorsqu’elle s’est retrouvée seule avec sa guitare. Sur le magnifique “Suzanne”, quelques fausses notes dans les accords ont irrité mes oreilles et sur “Diamonds and rust”, c’est carrément deux couplets entiers qui sont passés à la trappe, à ma grande rage. J’ai d’ailleurs exprimé mon mécontentement en essayant de crier “Remboursé !” mais visiblement, j’étais la seule à avoir remarqué cette odieuse coupe. Sur “Donna Donna”, elle a également demandé au public de lui rappeler les paroles. Alors quoi, Joan serait-elle atteinte de pertes de mémoire ?
Enfin – et j’en terminerai avec les “méchancetés” -, Joan a étrangement contribué elle-même à plomber l’ambiance de son concert. Souvent, entre la fin du show et le rappel, le public se lève pour courir devant la scène et terminer le concert massé aux pieds de l’artiste. C’est bien sûr ce qu’il s’est passé avant que notre amie ne revienne entonner “Imagine”. Sauf que, lorsqu’elle est revenue, elle a gentiment ordonné à son public déjà mou du bulbe de s’asseoir ! Si si ! Ainsi, chacun est sagement retourné à son siège et moi, qui avais descendu les gradins au péril de ma vie, écrasant ci et là quelques doigts noueux égarés sur mon passage, je me suis retrouvée debout comme une conne sans savoir où aller. Trop bizarre ! Du coup, malgré mon contentement d’être là, malgré les quatre derniers morceaux fédérateurs qui ont un peu réchauffé l’atmosphère (“Imagine”, Gracias a la vida”, “Here’s to you” et “Donna Donna”, repris en choeur par un public enfin détendu du string), j’ai quand même été déçue. J’avais espéré un concert exceptionnel, pour mon ami Nico comme pour moi, quelque chose de plus vibrant et passionné. Pour la femme engagée que fut – et est toujours – Joan Baez, j’eusse aimé sentir vibrer une grande et belle flamme et non pas assister à ce concert propret et compassé. Bien sûr, je n’aurai jamais un Woodstock Revival, mais je suis une admiratrice sincère et donc exigeante et je pense que ce concert aurait pu être deux fois mieux.
Avant de partir, j’ai pu récupérer la setlist ! ♥♥♥

Quoiqu’il en soit, objectivement, le spectacle a été de bonne facture. D’ailleurs les gens semblaient plutôt ravis à la sortie et ne tarissaient pas d’éloge sur la classe de la dame. Il est vrai que Joan, malgré mes réserves, n’en demeure pas moins une artiste charmante, délicieuse, pleine d’humour, vive, intelligente, bavarde (elle parle sans arrêt entre chaque morceau), libre et sincèrement engagée dont la voix, avec le temps, s’est légèrement voilée, gagnant en chaleur et profondeur. J’ai été vraiment heureuse de partager ce moment avec un ami qui m’est cher et ce beau cadeau (c’est la deuxième fois qu’on m’offre un concert de Joan pour mon anniv !! 😉 ) a une grande valeur à mes yeux.
Voilà pour le concert. De toute façon, je retournerai sûrement voir Joan si j’en ai l’occasion !!! 🙂
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À part ça, ma foi, j’ai passé deux jours fabuleux, bien remplis, à user mes fonds de culotte sur les Vélo’v lyonnais. Ce que j’en pense ? Tout bonnement génial : le système est simple d’utilisation, rapide, performant et les vélos pratiques malgré leur poids (panière à l’avant, antivol et sonnerie lorsqu’on atteint la fin de la demi heure gratuite !) J’ai vélové durant deux jours comme une petite folle, n’utilisant quasiment que ce moyen de locomotion, même pour remonter à la Croix Rousse, après le concert de Joan (il faut dire que je n’avais pas le choix : plus aucun bus ni métro à minuit trente !) J’en ai bavé comme un coureur du Tour de France privé d’EPO mais j’ai atteint le domicile parental en moins d’une demi heure, au prix d’une souffrance inhumaine, de râles d’agonie et en ne mettant pied à terre qu’une seule fois. Fière !
Le Vélo’v est devenu le meilleur ami du Lyonnais et je suis sûre que le Vélib’ parisien connaîtra le même succès. Seul bémol : malgré les nombreuses bornes qui quadrillent la ville, il n’est pas toujours évident de trouver un véhicule libre et surtout, plusieurs vélos sont gratuitement endommagés par des vandales débiles qui n’hésitent pas à lacérer les pneus ou détacher les chaînes.

Comme il a fait un temps de ouf ultra beau, Nico et moi en avons profité pour pédaler jusqu’aux Parc de la Tête d’Or puis Parc de Gerland le lendemain, où nous avons pris le soleil et plein de photos.
Et puis hier, j’ai vu Mag, ma plus ancienne amie, aujourd’hui mariée et jeune maman. Moi qui déteste le changement (peut-être parce que je suis moi-même incapable de changer, pour l’instant), ça m’a fait du bien de constater que, envers et contre tout, et malgré nos coups de gueule respectifs, notre amitié existait toujours, que nous serions toujours liées affectivement, quoiqu’il arrive. Parce que notre amitié n’a jamais été faite de basse jalousie, de mesquine rivalité, de rapports de force malsains. C’est mon amitié précieuse à la Narcisse et Goldmund. Même si la distance, le temps et parfois les angoisses existentielles peuvent nous éloigner, je crois qu’aujourd’hui, nous sommes sûres qu’il y a, quelque part dans nos coeurs, une place pour l’autre, ad vitam aeternam.

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